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  Date de la dernière modification : 3-04-2017

GAJDUSEK Daniel GOUGEROT Henri GUILLAIN Georges Charles
GANDY Sam GRAAF (De) Reinier GUTHRIE Robert
GAUCHER Philippe GRAM Hans Christian  
GOLGI Camillo GUÉRIN Camille  


Daniel Carleton GAJDUSEK 

   Médecin américain né à New York en 1923 avec une formation de microbiologiste et de virologue. Ses études de médecine générale terminées, il se dirigea vers la pédiatrie clinique et la neurologie, effectuant pour finir un stage de recherche en virologie avant de rejoindre, en 1952, l'Institut Pasteur de Téhéran (Iran) pour y étudier la médecine tropicale. Ses recherches le menèrent des vallées du Kush aux jungles d'Amérique du Sud et surtout, aux hauts plateaux de Nouvelle Guinée.  

   Il y débarqua pour la première fois en 1957, accompagnant Vincent Zigas, un médecin biologiste d'origine estonienne qui travaillait depuis plusieurs années sur les problèmes sanitaires rencontrés dans cette région et plus particulièrement sur la maladie du kuru, maladie dégénérative subaigüe du système nerveux, dont l'issue est toujours fatale. En 1957, C. Gajdusek et V. Zigas se rendent dans la région du kuru et observent deux cas. Suspectant une épidémie d'encéphalopathie, ils pensent à une infection virale, et prélèvent du sang et des fragments de cerveau des victimes, les envoient en Australie dans l'espoir que l'agent infectieux sera isolé, mais en vain.  

   En 1957, ils publient la première description médicale et une étude épidémiologique du kuru. Lors de la présentation de ce travail par C. Gajdusek, William Hadlow, vétérinaire américain qui travaille sur la tremblante du mouton, remarque que les images des cerveaux des Fores atteints de kuru et celles des moutons atteints de tremblante se ressemblent.  

   Dans une lettre publiée en 1957, dans la revue The Lancet, il insiste sur les analogies cliniques et histopathologiques de ces deux maladies. Cette lettre décide C. Gajdusek à rendre visite à W. Hadlow, qui lui conseille de prendre contact avec les vétérinaires islandais. P. Palsson lui apprend que cette maladie ne se transmet qu'entre espèces très proches, et il lui conseille de faire, à des chimpanzés, des injections intracérébrales de broyat de cerveau de personnes décédées du kuru. Effectivement, après un temps d'incubation prolongé, C. Gajdusek réussit à transmettre le kuru à des chimpanzés.  
    En 1976, Daniel Carleton GAJDUSEK obtient le prix Nobel de médecine et de physiologie pour ses travaux sur le kuru.      Haut de page.     Retour à la page "Les Prions"
 

Sam GANDY

    Sam Gandy est Professeur de Psychiatrie et de Biologie Cellulaire à l'Université de New York et chef du Laboratoire de Biologie Cellulaire au Nathan S. Kline Institut de Recherche Psychiatrique. Il est aussi Professeur Complémentaire de Neurosciences Moléculaire et Cellulaire à L'Université Rockefeller de Manhattan.

    Il obtient son Doctorat de biologie cellulaire et moléculaire en 1982. Pendant ce temps il mène ses travaux sur la "vulnérabilité sélective" dans les maladies neurodégénératives, surtout la maladie d'Alzheimer. Sa formation de troisième cycle a été entreprise dans le Laboratoire de Neurosciences Moléculaire et Cellulaire à l'Université Rockefeller, sous la conduite du Professeur Paul Greengard. C'est là que Gandy et ses collègues ont découvert des méthodes pour prévenir la formation de structures nodulaires dans le cerveau - appelées aussi "plaques amyloïdes" et dont on sait maintenant qu'elles sont la cause de la maladie d'Alzheimer.
    Depuis 1995 Gandy a collaboré à des études sur le rôle de l'apolipoprotéine E (apoE), et a essayé de comprendre son mode d'action et sa place dans les facteurs de risque génétique de la maladie d'Alzheimer.       Haut de page.
 

Philippe Charles Ernest GAUCHER

    Philippe GAUCHER est né le 26 juillet 1854 à Champigny (Nièvre). Il a été ancien interne et lauréat des Hôpitaux de Paris, préparateur des travaux d'histologie à la Faculté de Médecine, membre de la Société Clinique de Paris. En 1882, le français Philippe Charles Ernest GAUCHER, étudiant en médecine, a décrit une femme de 32 ans dont la rate était très agrandie. Un examen après le décès a révélé que les cellules de la rate étaient elles-mêmes très agrandies. Gaucher a donné ses conclusions cliniques et pathologiques dans sa thèse doctorale. Les cellules agrandies (maintenant appelées "cellules Gaucher") et la rate sont révélatrices de la maladie.
    La description de Gaucher a permis aux autres médecins de diagnostiquer des gens atteints de la maladie de Gaucher, et introduit le terme dans littérature médicale. 
    Depuis la description de Gaucher, la liste des symptômes identifiables a été agrandie. En plus d'une rate et d'un foie hypertrophiés, les gens atteints de la maladie Gaucher peuvent avoir des problèmes aux poumons, aux rein, et à l'appareil digestif ; des problèmes osseux, y compris retard de croissance chez les enfants, des fractures spontanées, des saignements de nez, une anémie et une fatigue générale. Quelquefois, le système nerveux central est aussi affecté dans les cas plus sévères.      Haut de page.


Camillo GOLGI

    Biologiste italien (né à Corteno le 7 juillet 1843, mort le 21 janvier 1926 à Pavie). 
    Golgi commence sa carrière scientifique en 1869 à Pavie en étudiant les structures du système nerveux. Les techniques d’histologie de l'époque permettent déjà de visualiser l'organisation cellulaire par coloration au carmin ou à l’hématoxyline, mais ces teintures se révèlent inadaptées aux cellules nerveuses.

   En 1872, il s’installe à Abbiategrasso comme officier médecin en chef de l’hôpital pour les maladies chroniques où il travaille à la mise au point de nouvelles techniques de marquage.
    En 1873, il publie ses premiers résultats sur la découverte de la "reazione nera" (réaction noire) – l'imprégnation au nitrate d'argent – qui permettra une meilleure compréhension des structures des cellules nerveuses. De retour à Pavie, il crée un laboratoire au sein de l’institut de Pathologie générale qui devient vite un lieu important d’échange et de recherches.

    Mais c’est surtout sa publication de 1898 concernant la mise en évidence de l’appareil réticulum interne (plus tard rebaptisé "appareil de Golgi") qui assied sa notoriété. Pendant longtemps, la structure de l'appareil de Golgi restera au cœur des débats, certains contemporains de l'Italien la considérant comme un simple artefact de la coloration. Et ce n'est que dans les années 1950, à l'avènement de la microscopie électronique, qu'elle sera définitivement confirmée. Camillo Golgi recevra le prix Nobel de médecine et de physiologie en 1906 pour l'ensemble de ses travaux.      Haut de page.

Henri GOUGEROT

    Né le 2 juillet 1881 à Saint-Ouen (sur la Seine), mort en 1955. Il est admis comme interne des Hôpitaux de Paris en 1904 et obtient son doctorat de médecine en 1908. Professeur agrégé de médecine à l'Université de Paris en 1910. Pendant la première guerre mondiale, il est décoré de la Croix de Guerre.
    C'est en 1928 qu'il devient titulaire de la chaire de dermatologie et de syphilologie à l'hôpital Saint-Louis à Paris et nommé médecin chef.
    En 1936 il est nommé membre honoraire de la British Association of Dermatology. Avec Darier et Sabouraud, il édite la même année la Nouvelle Pratique Dermatologique. En 1940 il devient membre de l'Académie de Médecine.    

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Reinier De GRAAF

    Médecin et anatomiste hollandais, né le 30.07.1641 à Schoonhoven, près d'Utrecht, mort le 17.08.1673 à Delft. C'est en travaillant sur les lapins que De Graaf a cru voir des "oeufs" de mammifères. Il venait en fait de mettre en évidence, avec le Danois STENON (1638 - 1686), les follicules ovariens, en 1673, l'année de son décès.

   Il a beaucoup contribué à faire progresser les connaissances de l'époque sur le trajet de l'ovule. On lui doit aussi d'importants travaux sur le pancréas. Actuellement, le Laboratoire d'Infertilité et de FIV (fécondation in vitro) de WOORBURG (Hollande) est un centre très réputé et toutes les méthodes existantes pour traiter l'infertilité y sont proposées.      Haut de page.

Hans Christian Joachim GRAM

    Pharmacologue et pathologiste danois, né le 13 septembre 1853 à Copenhague, mort le 14 novembre 1938. On lui doit la coloration de Gram pour la détermination des bactéries et le syndrome de Gram qui apparaît après la ménopause, associant une adipose, l'arthrite déformante de l'articulation du genou et l'HTA (hypertension artérielle).
    Intéressé très tôt par des études de sciences naturelles, Gram a obtenu une licence à la Copenhagen Metropolitan School en 1871 et fut l'assistant du botaniste et zoologiste Japetus Steenstrup de 1873 à 1874. Toute sa vie, il s'est intéressé aux plantes, ce qui l'a naturellement mené à la pharmacologie.
    Il s'est ensuite intéressé à la médecine et a obtenu son doctorat à l'Université de Copenhague en 1878. Il est interne assistant de 1878 à 1883 puis médecin résidant à l'Hôpital Municipal de Copenhague. En 1883 il a soutenu à Copenhague sa thèse doctorale sur la dimension de l'érythrocyte. De 1883 à 1885 Gram a voyagé en Europe, pour étudier la pharmacologie et la bactériologie à Strasbourg, Marburg, et Berlin. En 1891 il est nommé professeur de pharmacologie à l'Université de Copenhague, puis professeur de pathologie.

    Parmi de nombreux travaux sur les cellules (érythrocytes dans l'anémie pernicieuse), ceux qui lui valurent une renommée internationale furent sans aucun doute ses colorations des bactéries. En 1884, la méthode de Gram a été publiée dans le journal "Friedländer der Fortschritte Medizin".
    En examinant le tissu du poumon de malades qui étaient morts de pneumonie, Gram avait découvert que certains colorants agissaient préférentiellement sur certaines bactéries. Dans un premier temps, il a séché une goutte contenant des bactéries sur une lame de verre placée au-dessus d'une flamme puis y a déposé une solution de violet de gentiane. Après un lavage à l'eau, il a ajouté une solution de Lugol (solution du triiodure du potassium) qui a agi comme un mordant. Il a ensuite versé l'éthanol sur la lame pour lessiver la teinture.
    Certaines bactéries (pneumocoques, par exemple) ont retenu la couleur et sont devenues violettes (Gram positif), pendant que les autres espèces sont restées claires, rosées (Gram négatif). En 1923, Gram prit sa retraite.      Haut de page.
 

Camille GUÉRIN

         Médecin vétérinaire et biologiste français né à Poitiers (Vienne) le 22 décembre 1872. 
      De 1892 à 1896, il est  élève de l'École vétérinaire d'Alfort, où il travaille dans le service des maladies contagieuses. Guérin obtient son doctorat de médecine vétérinaire en 1896.
    En 1897, il entre comme préparateur à l'Institut Pasteur de Lille, où il est chargé de la production des sérums antivenimeux et de la préparation du vaccin antivariolique qu'il améliore considérablement.
    En 1900, il est nommé chef de laboratoire à l'Institut Pasteur de Lille et épouse Marie Lavergne qui lui donnera deux enfants.
Dans les années 1905 - 1915, il publie, en collaboration avec Calmette, une série de mémoires relatifs au mécanisme de l'infection tuberculeuse. Toutes les trois semaines Guérin procède aux réensemencements du bacille dans un milieu à base de bile de bœuf glycérinée, sur une assise de pomme de terre.
1918 Sa femme meurt d'une méningite tuberculeuse.

    Leurs travaux sur la vaccination antituberculeuse reprennent après la guerre et, en 1921, après 230 passages sur milieu bilié, Calmette et Guérin sont parvenus à obtenir une souche de bacilles atténués, capable de conférer l'immunité. Après de nombreux essais de vaccinations BCG (bacille Calmette Guérin) sur des bovidés et d'autres animaux, B. Weill-Hallé procède avec succès à la première vaccination humaine.
    En 1928, Camille Guérin quitte l'Institut Pasteur de Lille pour prendre la direction du service de la tuberculose à l'Institut Pasteur de Paris. Il décède le 9 juin 1961 à Hôpital Pasteur (Institut Pasteur, Paris).      Haut de page.

Georges Charles GUILLAIN

    Neurologiste français, né le 3 mars 1876 à Rouen, mort le 29 juin 1961 à Paris. Il a commencé ses études de médecine dans sa ville natale, mais après deux années, il a déménagé à Paris où il a pratiqué dans plusieurs hôpitaux. Il s'est bientôt intéressé à la neurologie, et son premier travail scientifique, en 1898, concerne les lésions du plexus brachial. Il a obtenu son doctorat médical à Paris en 1902.
    En 1909 Guillain a épousé Juliette Chauffard, dont il a eu cinq filles. On sait peu de choses au sujet de sa vie privée, sinon qu'elle a été consacrée à son travail professionnel.
    Il est devenu chef de clinique pour les maladies nerveuses en 1910. Après la guerre pendant laquelle il a servi à l' Hôpital de la Charité, sa carrière a été couronnée par le professorat de neurologie à l'Hôpital de la célèbre Salpetrière à Paris en 1923. Il a gardé cette place jusqu'à sa retraite en 1947.
    Guillain était aussi un écrivain. En 1920, avec son ami Barré, il a publié un grand travail sur les expériences cliniques pendant la guerre.
    Guillain a reçu beaucoup d'honneurs. Il était un membre des académies française, américaine et japonaise des sciences. En 1949 il a été nommé commandant de la Légion d'Honneur.      Haut de page.
 

Robert (Bob) GUTHRIE

    Médecin américain né le 28 juin 1916, mort à Seattle le 24 juin 1995, Robert Guthrie est considéré aujourd'hui dans le monde entier comme le grand pionnier des tests de masse chez les nouveau-nés. Son deuxième enfant était atteint de retard mental et l'une de ses nièces était atteinte de PCU (ou PKU ou phénylcétonurie), faute d'avoir été dépistée à temps. Il a alors procédé à de nombreuses expériences qui ont enfin conduit au développement du test de Guthrie, particulièrement simple et bon marché : quelques gouttes de sang sont prélevées au talon ou au doigt du bébé, sur un papier absorbant.
    Son test est encore aujourd'hui utilisé dans de très nombreux pays où il a été généralisé à tous les nouveau-nés. En France, le test a été présenté en 1963 et s'est généralisé vers 1980. Son test a permis de dépister à temps des dizaines de milliers d'enfants atteints de PCU, de les faire bénéficier d'un régime très pauvre en phénylalanine et de les préserver d'un retard mental inéluctable.      Haut de page.

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