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Dernière modification : 25-03-2020

Cirrh(o)-      Du grec kirrhos [cirrh(o)-, cirrhose], roux. C'est Laennec (1781 - 1826) qui, en 1819, a utilisé le mot cirrhose en étudiant des foies présentant un aspect granuleux et brunâtre. Ce type de foie était surtout observé chez les alcooliques, ce qui explique que le mot cirrhose ait longtemps gardé une connotation péjorative. Aujourd'hui, le mot cirrhose s'applique à d'autres organes qui sont atteints de sclérose diffuse.


Cirrhogène - Cirrhose - Cirrhose alcoolique - Cirrhose annulaire périportale - Cirrhose atrophique - Cirrhose auto-immune - Cirrhose biliaire - Cirrhose biliaire primitive - Cirrhose bronzée - Cirrhose cardiaque - Cirrhose cardiotuberculeuse - Cirrhose choléstatique - Cirrhose de Hanot - Cirrhose de Laennec - Cirrhose de Mossé-Marchand-Mallory - Cirrhose hypertrophique alcoolique - Cirrhose méta-ictérique - Cirrhose mixte - Cirrhose paludéenne - Cirrhose pigmentaire - Cirrhose posthépatitique - Cirrhose postnécrotique - Cirrhose toxique - Cirrhotique -

Cirrhogène   Cirrhotique
Hépatologie, médecine générale, pharmacologie, chirurgie digestive  -  [Angl. : Cirrhogenous, Cirrhotic]    Adj.  * cirrho : du grec kirrhos [cirrh(o)-, cirrhose], roux, relatif à un organe qui se sclérose ; * géno, gène : du latin et du grec genesis [-gène, -genèse, génique], naissance, formation, qui engendre. 
      Est qualifiée de cirrhogène toute substance ou habitude qui détermine un processus de cirrhose. Cirrhotique : qui concerne la cirrhose ou qui en est atteint(e). Ex. un foie cirrhotique.       Haut de page

Cirrhose   Cirrhose hypertrophique   Cirrhose atrophique   Cirrhose de Laennec   Cirrhose mixte
Hépatologie, médecine générale, pharmacologie, chirurgie digestive  -  [Angl. : Cirrhosis, Hypertrophic cirrhosis, Atrophic cirrhosis, Laennec's cirrhosis, Mixed cirrhosis]    N. f.  * cirrhose : du grec kirrhos [cirrh(o)-, cirrhose], roux. 
    Une cirrhose est un processus inflammatoire hépatique chronique, caractérisée par l'altération progressive des cellules du foie, entraînant l'apparition de plages de parenchyme hépatique nécrosées qui sont remplacées par un tissu conjonctif et vasculaire fibreux non fonctionnel.
    Ce nouveau tissu forme des zones nodulaires de couleur brunâtres (ce qui a valu le nom de cirrhose à cette pathologie). Mal irrigués, ces nodules provoquent l'altération progressive des fonctions hépatiques et l'apparition de zones dures et bosselées. Le foie peut alors augmenter de volume : c'est la cirrhose hypertrophique, ou au contraire diminuer de volume dans la cirrhose atrophique ou cirrhose de Laennec (Laennec René Théophile Hyacinthe : médecin français, né le 17 février 1781 à Quimper (Bretagne), mort le 13 août 1826 à Kerlouanec - Bretagne).
    Certaines formes dites mixtes, présentent en même temps des zones hypertrophiques et des zones atrophiques.  Foie en place dans la cavité abdominale    Relations foie-pancréas-duodénum      Haut de page

Cirrhose alcoolique
Hépatologie, médecine générale, pharmacologie, chirurgie digestive  -  [Angl. : Alcoholic cirrhosis]    N. f.  * cirrhose : du grec kirrhos [cirrh(o)-, cirrhose], roux ; * alcoolo ; du latin des alchimistes alkol, alkohol, de l’arabe al-kuhl, relatif à l’alcool ; * ique : du grec eikôs [-ique, -(ic)ien, -ienne], semblable, propre à, ou suffixe servant à transformer des substantifs en adjectifs ou en d’autres substantifs. 
    La cirrhose alcoolique est la forme la plus fréquente des cirrhoses en France (90% chez les hommes, 75% chez les femmes), provoquée par une intoxication alcoolique chronique.
    C'est le stade final et irréversible des hépatites alcooliques qui engendre des risques élevés : dégénérescence hépatique, état vasculaire dégradé avec risques importants d'anévrisme (notamment aortique), insuffisance portale avec risque élevé de pancréatite, ascite, cancer du foie, entre autres.        Haut de page

Cirrhose annulaire périportale   Cirrhose bronzée   Cirrhose pigmentaire
Hépatologie, médecine générale, médecine biologique, pharmacologie, chirurgie digestive  -  [Angl. : Portal cirrhosis, Pigmentary cirrhosis, id]    N. f.  * cirrhose : du grec kirrhos [cirrh(o)-, cirrhose], roux ; * péri : du grec peri [péri-], autour de ; * portal, e : du latin porta [porte, -portal], qui amène le sang de l’appareil digestif vers le foie, concerne aussi le système sanguin (porte) entre hypothalamus et hypophyse. 
    Dans la cirrhose annulaire périportale, la prolifération du tissu conjonctif forme des structures annulaires au niveau des espaces portes, c'est-à-dire autour des ramifications veineuses de la veine porte qui entrent dans les lobes hépatiques. Le sang veineux sortant du foie par la veine sus-hépatique rejoint ensuite la veine cave inférieure.
    La cirrhose bronzée ou cirrhose pigmentaire, est une conséquence de l'hémochromatose (*) qui concentre le fer en excès dans le foie.  Il est hypertrophique et d'une couleur anormalement brunâtre.

    (*) L'hémochromatose génétique (ou HG) est la plus fréquente des maladies génétiques, qui peut devenir grave si elle n'est pas dépistée chez le jeune enfant. En France, l'hémochromatose  touche 1 adulte sur 300 et se manifeste vers 30 à 40 ans. Elle est essentiellement due à une surcharge de fer dans l'organisme (plus de 5g, valeur normale et stable), notamment dans le foie, le pancréas et le cœur. Les symptômes sont assez caractéristiques : teint bronzé, fatigue générale, hépatomégalie avec possibilité de cirrhose, diabète, arythmie cardiaque.
   À l'examen sanguin, on note une augmentation de la saturation de la transferrine, molécule qui transporte le fer, et de la ferritine qui stocke le fer.
    L'hémochromatose génétique est la seule maladie génétique qui se soigne et le traitement consiste en saignées, d'abord une par semaine pendant 3 à 24 mois, puis une par trimestre, à vie. Ces saignées ont pour effet de diminuer le taux de fer dans l'organisme : en effet les hématies qui se reforment après chaque saignée prélèvent le fer en excès dans les organes.
    Il existe une Association Hémochromatose de France.  

    On a découvert récemment le rôle important de l'hepcidine, hormone qui interviendrait de façon décisive dans la régulation de la quantité de fer dans l'organisme, c'est-à-dire dans son absorption par les cellules. Des équipes de l'INSERM travaillent actuellement sur cette hormone pour comprendre son fonctionnement, arriver à la synthétiser et surtout trouver un moyen simple et efficace de la doser dans le sang. 
    Adj. : hémochromatosique : qui se rapporte à l'hémochromatose ou qui en est atteint. On sait aussi maintenant que l'HG est due à la mutation du gène HFE présent sur le chromosome 6.
   Schéma simplifié de l'appareil circulatoire        Haut de page

Cirrhose biliaire   Cirrhose biliaire primitive   Cirrhose choléstatique   Cirrhose auto-immune   Cirrhose de Hanot
Hépatologie, médecine générale, médecine biologique, pharmacologie, chirurgie digestive  -  [Angl. : Biliary cirrhosis, Primary biliary cirrhosis, Biliary cirrhosis, Cholesteatic cirrhosis, Autoimmune cirrhosis, Primary biliary cirrhosis]    N. f.  * cirrhose : du grec kirrhos [cirrh(o)-, cirrhose], roux ; * biliaire : du latin bilis [bile, -bilie, -biliaire, -biline], liquide jaunâtre sécrété par le foie ; relatif à la bile. 
    Comme pour les cirrhoses hypertrophiques et atrophiques, la cirrhose biliaire ou cirrhose choléstatique, peut provoquer soit une augmentation du volume du foie, soit sa diminution. C'est une atteinte des voies biliaires, mécanique (stase) ou infectieuse (inflammation des voies biliaires intrahépatique) qui provoque la prolifération du tissu conjonctif.
    La cirrhose biliaire primitive est aussi connue sous le nom de maladie ou cirrhose de HANOT ou cirrhose auto-immune. (Hanot Victor Charles : médecin français né le 6 juillet 1844 à Paris, mort le 28 octobre 1896, à 52 ans (suicide ?) Il obtient son doctorat de médecine à l'hôpital Saint Antoine puis devient professeur agrégé en médecine générale et éditeur en chef des Archives Générales de Médecine. Il s'est consacré aux maladies du foie et c'est en 1875 qu'il découvre pour la première fois la cirrhose hypertrophique avec ictère chronique).

    C'est une maladie auto-immune, c'est-à-dire dans laquelle l'organisme fabrique des anticorps contre ses propres structures. Dans ce cas, ce sont les mitochondries qui sont visées et détruites. La maladie se traduit par un ictère (c'est-à-dire une jaunisse) chronique, un prurit tenace et permanent, une splénomégalie et une hépatomégalie ou hypertrophie de la rate et du foie, une augmentation très importante du cholestérol sanguin (4 à 30 g/L), des gamma GT et des phosphatases acides avec parfois une mélanodermie (1).
    On note en plus une destruction progressive des canaux biliaires intralobulaires (à l'intérieur du foie) et évolution vers une fibrose des tissus atteints. L'acide ursodésoxycholique à la dose de 10 à 15mg/kg/j est capable d'améliorer les signes cliniques, biologiques et histologiques.

   (1) La mélanodermie est une hyperpigmentation de la peau se traduisant par la présence d'une ou plusieurs taches foncées, et qui résulte d'une augmentation pathologique du nombre des mélanocytes et/ou de la quantité de mélanine et donc des mélanosomes présents dans ces cellules. La mélanodermie se rencontre dans plusieurs pathologies, comme la maladie d'Addison, l'hémochromatose, le syndrome de Cushing, entre autres. On qualifie de mélanoderme un sujet qui a une peau noire.       Haut de page

Cirrhose cardiaque   Cirrhose cardiotuberculeuse
Hépatologie, cardiologie, médecine biologique, pharmacologie, chirurgie digestive  -  [Angl. : Cardiac cirrhosis, cardiotuberculous cirrhosis]    N. f.  * cirrhose : du grec kirrhos [cirrh(o)-, cirrhose], roux ; * cardiaque : du grec kardia [cardi(o)-, -carde, -cardie], cœur. 
    La cirrhose cardiaque est une conséquence d'un mauvais fonctionnement du cœur. C'est cette insuffisance cardiaque qui va provoquer une congestion (accumulation excessive de sang) chronique du foie et l'apparition progressive d'une cirrhose.
    En ce qui concerne la cirrhose cardiotuberculeuse, elle apparaît de façon assez rare chez les enfants et est la conséquence d'une symphyse du péricarde (les deux feuillets s'accolent de façon pathologique), elle-même conséquence d'une tuberculose.
    Il en résulte une hépatomégalie (augmentation particulièrement importante de la taille du foie), des œdèmes des membres inférieurs et une ascite abondante, c'est-à-dire une accumulation de liquide dans la cavité péritonéale.      Haut de page

Cirrhose posthépatitique   Cirrhose postnécrotique   Cirrhose méta-ictérique   Cirrhose de MOSSÉ-MARCHAND-MALLORY
Hépatologie, médecine biologique, pharmacologie, chirurgie digestive  -  [Angl. : Posthepatic cirrhosis, Postnecrotic cirrhosis, Meta-icteric cirrhosis, Posthepatic cirrhosis]    N. f.  * cirrhose : du grec kirrhos [cirrh(o)-, cirrhose], roux ; * post : du latin post, après, dans le temps et dans l’espace; * hépato : du grec hêpar [hépato-, hépatique], foie ; * ique : du grec eikôs [-ique, -(ic)ien, -ienne], semblable, propre à, ou suffixe servant à transformer des substantifs en adjectifs ou en d’autres substantifs. 
    La cirrhose posthépatitique résulte, comme son nom l'indique, d'une hépatite virale qui évolue en hépatite chronique. Pour plus de renseignements, voir les différentes formes d'hépatites (A, B et C).
    Synonymes : cirrhose postnécrotique, cirrhose méta-ictérique, cirrhose de Mossé-Marchand-Mallory.        Haut de page

Cirrhose toxique   Cirrhose paludéenne
Hépatologie, médecine biologique, pharmacologie, chirurgie digestive  -  [Angl. : Toxic cirrhosis, Paludal (or malarial) cirrhosis]    N. f.  * cirrhose : du grec kirrhos [cirrh(o)-, cirrhose], roux ; toxo, toxique : du latin toxicum, du grec toxikon de toxon [tox(o)-, toxico-, -toxine, -toxoïde, -toxon], arc (à cause des flèches empoisonnées), donc poison. 
    Il existe de très nombreuses variétés de cirrhoses toxiques, résultant toutes d'une intoxication chronique. Quant à la cirrhose paludéenne (du latin palus, paludis [palud(o)-, -paludéen], marais), elle est la conséquence d'un paludisme chronique et se traduit généralement par une forme atrophique, c'est-à-dire une diminution de la taille du foie.        Haut de page