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Dernière modification : 23-02-2020

Chlamyd(o)-     Du grec khlamus, -udos, vêtement antique. La racine chlamyd(o)- est aussi issue du latin chlamys, -idis, "manteau luxueux. Le grec khlamus, dont est issus chlamys, désigne aussi une pélerine de voyage spécialement portée par les militaires.


Chlamydia - Chlamydiaceae - Chlamydiae - Chlamydia pneumoniae - Chlamydia psittaci - Chlamydiase - Chlamydia trachomatis (MST) - Chlamydia trachomatis (trachome) - Chlamydiose


Chlamydia   Chlamydiae   Chlamydiaceae   Chlamydiase   Chlamydiose  
Bactériologie, médecine biologique, ophtalmologie, vénérologie  -  [Angl. : Chlamydia, Chlamydiae, Chlamydiaceae, Chlamydiosis, id]    N. m.  * chlamydo : du grec khlamus, -udos, antique ; * iase : du grec iasis, guérison ; en médecine, le suffixe -iase est utilisé pour désigner un état pathologique. 
    Les Chlamydia ou Chlamydiae font partie de l'ordre des Rickettsiales, famille des Chlamydiaceae, bactéries très particulières du fait qu'elles associent des caractères bactériens et viraux. D'une taille moyenne de 0,3 microns (µm), elles sont Gram négatif et surtout parasites intracellulaires obligatoires, car elles sont incapables de synthétiser certains de leurs propres constituants.
    Du fait de leur petite taille, elles traversent les filtres habituellement utilisés pour les bactéries et c'est la raison pour laquelle on les avait classées parmi les virus, d'autant plus qu'elles ne se reproduisent qu'à l'intérieur des cellules. Elles s'en distinguent cependant de façon irréfutable car elles possèdent de l'ADN et de l'ARN, alors que les virus ont soit de l'ADN, soit de l'ARN.

    Le genre Chlamydia comprend des espèces responsables de pathologies chez l'homme, notamment au niveau oculaire, pulmonaire et urogénital (voir ci-dessous). Les Chlamydia étaient autrefois classées dans les genres Bedsonia et Miyagawanella. Il existe deux formes essentielles dans le cycle de reproduction de Chlamydia :
* le corps élémentaire est la forme qui permet l'infection et se fait phagocyter par la cellule hôte, mais est incapable de se reproduire.
* Ce n'est que plusieurs heures après sa pénétration dans la cellule que cette forme se modifie dans sa vacuole de phagocytose pour aboutir à la forme réticulée, capable de se reproduire par divisions.
    Quand la cellule est envahie par les bactéries, elle cède et libère les Chlamydia qui vont parasiter d'autres cellules. On appelle chlamydiase ou chlamydiose (du grec -ôsis [-ose], suffixe désignant des maladies non inflammatoires ou/et des états chroniques) toute infection due à des microorganismes du genre Chlamydia.          Haut de page

Maladies sexuellement transmissibles à Chlamydia trachomatis (MST)
Bactériologie, médecine biologique, vénérologie  -  [Angl. : Chlamydia trachomatis (STD - Sexually transmitted disease)]    N. m.  * chlamydia : du grec khlamus, -udos, antique ; * trachomatis : du grec trakhôma, rudesse, aspérité (du fait que la conjonctive devient granuleuse dans le trachome). 
    Cette chlamydiose envahit progressivement tous les pays et se révèle aujourd'hui comme la plus répandue des MST. Les Chlamydia trachomatis envahissent les cellules de la muqueuse de l'urètre, du col de l'utérus, de la muqueuse rectale, mais aussi les cellules de la paupière en provoquant le trachome, voir ci-dessous.
    Chlamydia t. est responsable de la maladie de Nicolas-Favre ou lymphogranulomatose vénérienne, dont la déclaration est obligatoire et s'associe souvent avec le gonocoque. Dans cette maladie, un chancre génital apparaît quelques jours après la contamination et se complique d'une inflammation des ganglions lymphatiques environnants. Le problème de cette maladie est qu'elle reste souvent asymptomatique pendant 1 à 4 semaines, parfois plus et que, pendant ce délai, les malades sont extrêmement contagieux.

- Chez l'homme : urétrite (inflammation de l'urètre) subaiguë avec brûlures et sécrétions matinales. Les complications sont fréquentes : inflammation du gland, de l'épididyme, de la prostate.
- Chez la femme : pertes blanchâtres, parfois saignements en-dehors des règles, douleurs inflammatoires du cervix (c'est le col de l'utérus). Le risque majeur de cette infection est la stérilité par atteinte des trompes (salpingite), notée dans près de 50% des cas car de nombreuses femmes contaminées ne ressentent aucun des symptômes décrits. À noter que la contamination au nourrisson est possible.
- Complications possibles : le syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter, avec conjonctivites, douleurs articulaires, lésions cutanées et viscérales. Cette chlamydiose se traite par une antibiothérapie d'une vingtaine de jours en moyenne, à base de tétracyclines et de macrolides.          Haut de page

Infection oculaire à Chlamydia trachomatis (trachome) 
Bactériologie, médecine biologique, ophtalmologie  -  [Angl. : Chlamydia trachomatis (trachoma)]    N. m.  * chlamydia : du grec khlamus, -udos, antique ; * trachomatis : du grec trakhôma, rudesse, aspérité (du fait que la conjonctive devient granuleuse dans le trachome). 
    Cette conjonctivite granuleuse, due à Chlamydia trachomatis peut évoluer rapidement vers la cécité et se rencontre essentiellement en Asie et en Afrique du Nord. Il y a actuellement plus de 500 millions de personnes qui en sont atteintes dans le monde !
    La transmission se fait le plus souvent par un manque d'hygiène : mains sales portées au visage et la contagion au sein d'une même famille est fréquente. Dans un premier temps, la maladie se traduit par de petites lésions surélevées sous la paupière supérieure. Par la suite, la conjonctive devient granuleuse puis se vascularise de façon importante et anormale et devient progressivement opaque à partir de la périphérie.
    Les ophtalmologues appellent "pannus" ce voile granulovasculaire (du latin pannus, morceau d'étoffe). En laboratoire, le dépistage consiste à rechercher des Chlamydia dans un frottis conjonctival.

    Les complications peuvent être sévères :
* Opacification de la cornée avec baisse majeure de l'acuité visuelle jusqu'à la cécité. 
* Les paupières s'affaissent (ptose) ce qui est particulièrement gênant pour la paupière supérieure, car les cils viennent frotter sur la cornée (trichiasis), y provoquant inflammation et lésions.
* Peu à peu, l'appareil lacrymal  se sclérose et la sécrétion de larmes s'arrête.
   
    Le traitement ne peut vraiment être envisagé qu'au tout premier stade de la maladie, avec antibiothérapie par collyre et pommade, accompagnée d'une hygiène rigoureuse. Les ptoses de paupières, l'entropion (bascule du bord de la paupière inférieure vers l'intérieur de l'œil) et le trichiasis ne peuvent être traités que chirurgicalement. Des greffes de cornées ont été effectuées à un stade avancé de la maladie, mais sans succès, car elles s'opacifient à leur tour.  Localisation de la conjonctive et de la cornée dans l'œil   Schéma de l'appareil lacrymal        Haut de page

Pneumopathies à Chlamydia psittaci   Chlamydia pneumoniae
Bactériologie, médecine biologique, pneumologie  -  [Angl. : Chlamydia psittaci, Chlamydia pneumoniae]    N. m.  * chlamydia : du grec khlamus, -udos, antique ; * psittaci : du latin psittacus, du grec psittakos, perroquet. 
    Ces pathologies se transmettent par les perroquets, les perruches, les pigeons et les volailles (aucun rapport avec les grippes aviaires !) et sont dues à Chlamydia psittaci. On peut également les contracter en inhalant des poussières contenant des particules de déjections d'oiseaux contaminés. On distingue schématiquement une forme relativement bénigne ou ornithose et une forme plus sévère et heureusement plus rare : la psittacose.

* L'ornithose se transmet par les pigeons urbains et certains oiseaux d'élevage et les éleveurs sont particulièrement exposés. Les principaux symptômes de cette maladie sont une fièvre avec toux et violentes céphalées. Plus rarement, la respiration est affectée : gêne respiratoire, essoufflement et bronchite (inflammation des bronches).
    La guérison se fait par antibiothérapie à base de tétracyclines, intervient après 1 à 3 semaines et ne laisse aucune séquelle.
* La psittacose se contracte essentiellement à partir des oiseaux de la famille des perroquets et peut se transmettre à plusieurs mammifères et à l'homme. Comme pour l'ornithose, la contamination se fait par inhalation de poussières souillées par des déjections d'oiseaux malades, même si ces derniers ne présentent aucun symptôme.
    On distingue classiquement 3 formes de psittacoses, qui se déclarent après une période d'incubation de 1 à 2 semaines.
    - La psittacose disséminée dont les symptômes sont graves : encéphalite ou/et méningite (inflammation de l'encéphale et des méninges), parfois associées à une inflammation diffuse des poumons.
    - La psittacose pseudogrippale dont les symptômes ressemblent à ceux d'une grippe : frissons et fièvre élevée, pouvant évoluer vers une bronchite chronique.
    - La psittacose pulmonaire appelée aussi pneumopathie atypique. Cette pathologie se déclare lentement puis évolue vers une fièvre sévère, des frissons et des douleurs musculaires (myalgies) avec des céphalées parfois violentes. Elle peut s'accompagner de toux sèche persistante, voire de complications cardiaques.
    Chlamydia pneumoniae provoque une pneumonie atypique et ne se transmet que d'homme à homme. Cette bactérie est soupçonnée de jouer un rôle dans l'athérogenèse car elle a été retrouvée sur des observations au microscope électronique de plaques athéromateuses et sa mise en évidence est difficile (par immunofluorescence).          Haut de page