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Dernière modification : 7-10-2019

Fistule, fistul(o)-       Du latin fistula, conduit, canal artificiel ou d’origine pathologique ou congénitale qui fait communiquer un organe avec l’extérieur ou avec un autre organe. Syn. : syring(o)- : du grec surygx [syring(o)-], canal, tuyau et, par extension, fistule.


Fistulaire - Fistule - Fistule abdominale - Fistule aérienne - Fistule alvéolaire - Fistule anale - Fistule anorectale - Fistule artérioveineuse - Fistule biliaire - Fistule biliaire externe - Fistule biliaire interne - Fistule biliodigestive - Fistule bronchique - Fistule cochléosacculaire - Fistulectomie - Fistule cystovaginale - Fistule dentaire - Fistule digestiveFistule obstétricale - Fistule œsophagocutanée - Fistule œsotrachéale - Fistule pancréaticopleurale - Fistule rectovaginale - Fistule respiratoire - Fistule trachéo-broncho-œsophagienne - Fistule urinaire - Fistuleuse - Fistuleux - Fistulisation - Fistulotomie -

Fistule   Fistulaire   Fistuleuse   Fistuleux   Fistulisation
Anatomopathologie, chirurgie  -  [Angl. : Fistula, leak, canal, Fistular, fistulous, Fistilization]   N. f.  * fistule : du latin fistula, conduit, canal artificiel ou d’origine pathologique ou congénitale qui fait communiquer un organe avec l’extérieur ou avec un autre organe. 
    Une fistule est une communication anormale, d'origine génétique (congénitale) ou accidentelle et qui créé un passage entre 2 ou plusieurs organes, ou entre 2 ou plusieurs parties d'un organe, ou entre un organe et le milieu extérieur, permettant le passage d'un fluide. Cette fistule est autoentretenue par le passage de ce même fluide.
    Il existe un nombre important de fistules possibles dans notre organisme. Ci-dessous : quelques exemples parmi les plus connus ou les plus fréquemment rencontrés.
    Adjectifs : * fistulaire : qui dépend d'une fistule ; * fistuleux, euse : de la nature d'une fistule, ex. canal fistuleux ; * fistulisation : succession des différentes étapes qui mènent à la création d'une fistule.          Haut de page

Fistule anale   Fistule anorectale
Coloproctologie 
[Angl. : Anal fistula, Anorectal fistula]   Adj.  * fistule : du latin fistula, conduit, canal artificiel ou d’origine pathologique ou congénitale qui fait communiquer un organe avec l’extérieur ou avec un autre organe ; * ano : du latin anulus [an(o)-, -anal], anneau, relatif à l’anus ; * recto, rectale : du latin recta, recte [rect(o)-], droit, exactement, et de l’expression rectum intestinum, dernière partie de l’intestin qui aboutit à l’anus, c’est-à-dire le rectum.
    La fistule anale est située dans le voisinage immédiat de l'anus et peut éventuellement communiquer avec le rectum. C'est alors une fistule anorectale.   Elle est souvent la conséquence d'un abcès anorectal et donc d'une accumulation de pus qui a creusé des cavités dans les tissus environnants du rectum et/ou de l'anus, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du rectum.
    L’abcès survient à la suite d’une infection dans la région anorectale. Plus de la moitié des abcès anorectaux se compliquent par des fistules qui sont de minces canaux reliant l’abcès à la peau ou à une autre partie du corps.
 Schéma d'une fistule anale         Haut de page

Fistule cochléosacculaire
Anatomie, otorhinolaryngologie  -  [Angl. : Cochleosaccular fistula]   Adj.  * fistule : du latin fistula, conduit, canal artificiel ou d’origine pathologique ou congénitale qui fait communiquer un organe avec l’extérieur ou avec un autre organe ; * cochléo : du latin cochlea [cochlé(o)-, -cochléaire], limaçon, escargot, ou du grec kochlias, coquillage en spirale ou limaçon ; * sacculaire : du latin saccus, du grec sakkos [sac, sacc(o)-], relatif, en anatomie, à une petite cavité.  
    Pour traiter certaines pathologies (certaines formes de la maladie de Ménière par ex.), le médecin ORL peut être amené à pratiquer une cochléotomie ou incision de la cochlée ou une cochléosacculotomie, fistule provoquée entre la cochlée et le saccule (partie du vestibule). Cette fistule est provoquée, donc non pathologique ni définitive.            Haut de page

Fistulectomie   Fistulotomie
Chirurgie générale
  -  [Angl. : Fistulectomy, Fistulotomy]   N. f.  fistulo : du latin fistula, conduit, canal artificiel ou d’origine pathologique ou congénitale qui fait communiquer un organe avec l’extérieur ou avec un autre organe ; * ectomie : du grec ektomê [ectomie], ablation. 
    La fistulectomie ou son syn. la syringectomie est l'ablation d'une fistule, communication anormale entre un organe et la peau, à travers un orifice cutané ou muqueux, ou avec un autre organe. Les fistules anales sont parmi les plus nombreuses, ainsi que les fistules rectovaginales et cystovaginales.
    Mais il existe bien d'autres fistules possibles, notamment entre vaisseaux sanguins (voir fistule artérioveineuse). A noter que ce terme n'est pratiquement plus employé. On parle simplement d'ablation ou d'excision d'une fistule. Il en est de même pour la fistulotomie ou syringotomie, qui est l'incision d'une fistule, en vue de son excision.         Haut de page

Fistule obstétricale   Fistule rectovaginale   Fistule cystovaginale
Gynécologie obstétrique, chirurgie réparatrice, médecine d'urgence
  -  [Angl. : Obstetrical fistula, Rectovaginal fistula, Cystovaginal fistula]   N. f.  * fistule : du latin fistula, conduit, canal artificiel ou d’origine pathologique ou congénitale qui fait communiquer un organe avec l’extérieur ou avec un autre organe ; * obstétricale : du latin obstetrix [obstétric(o)-, obstétrical], accoucheuse ; se rapporte à la technique des accouchements. 
    La fistule obstétricale, (rectovaginale ou cystovaginale) dont on ne parle plus en Europe et aux États-Unis du fait de la généralisation des soins gynécologiques et obstétricaux, de l'éducation des filles (connaissance de leur appareil génital, de la sexualité, de la grossesse et de l'accouchement) à égalité avec les garçons, est une triste et terrible réalité dans les pays en voie de développement.

    Voici des données publiées par l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), l'ONU (Organisation des Nations Unies) et l'UNFPA (United Nations Fund for Population) :
- plus de 2 millions de filles et de femmes dans le monde officiellement recensées par les milieux médicaux et les ONG sont atteintes de fistule obstétricale (on peut donc supposer que ce chiffre est très sous-estimé)
- 50 000 à 100 000 nouveaux cas par an (toujours officiellement)
- Pays principalement atteints : Afrique subsaharienne (dont le Bénin, le Malawi, le Mali, le Mozambique, le Niger, le Nigéria, l'Ouganda, le Tchad et la Zambie), sud de l'Asie et certains pays arabes.
- En 2005, l'ONU  fait figurer la fistule obstétricale dans "Les dix sujets dont le monde n'entend pas assez parler".

    La fistule obstétricale est une lésion du périnée, communication brutale et anormale entre le vagin et la vessie ou (et) entre le vagin et le rectum. Il en résulte, pour la femme qui en est atteinte, une incontinence urinaire ou/et fécale chronique permanente, avec dégagement d'odeurs d'urine ou /et d'excréments.

Les causes :
    La fistule obstétricale est une pathologie de la pauvreté, du sous-développement et de la marginalisation, mais aussi de l'analphabétisme, de l'interdiction faite aux femmes d'accéder à l'éducation et de certaines coutumes. Elle touche des femmes généralement très jeunes : moins de 20 ans, parfois dès 10 ans, immédiatement après les premières règles, ces très jeunes filles étant souvent promises en mariage.
    Elles sont rapidement enceintes alors que leur pelvis n'est pas encore entièrement développé. Bassin trop étroit, tête du bébé trop grosse, mauvaise position dans l'utérus, sont des facteurs qui vont converger pour aboutir à un accouchement à l'issue fatale. En effet, il n'est pas rare que l'accouchement dure plusieurs jours, (voir ci-dessous le texte "Histoire d'une femme" extrait de "engenderhealth.org" ) sans aucune aide médicale et dans des conditions d'hygiène inexistantes ! Le plus souvent, le bébé meurt sans être évacué (il ne le sera que plus tard, quand sa décomposition aura commencé). Si la mère survit, sa paroi vaginale est gravement endommagée, y compris la vessie et le rectum, ce qui provoque ces fistules.
    Pire : ces "femmes qui fuient" souvent victimes de surinfections, d'insuffisance rénale, de problèmes de locomotion car les nerfs des membres inférieurs sont souvent atteints, sont rejetées par leur mari et leur familles, considérées comme impures, réduites à la mendicité ou à la prostitution.

Traitement et prévention :
    Le traitement chirurgical de la fistule obstétricale est possible et a un taux de réussite proche de 90%, avec d'autres grossesses possibles avec accouchement par césarienne. Ce n'est évidemment possible que si ces femmes ont accès aux soins ou y sont autorisées.
    La prévention consiste avant tout à éduquer, à décourager ces mariages précoces de fillettes à peine adolescentes.

"L’HISTOIRE D’UNE FEMME

    Miriam a grandi dans un petit village de l’Ouganda, à deux jours de marche de la route la plus proche. Elle était la plus jeune de six enfants et ses parents ne pouvaient se permettre de l’envoyer à l’école. Elle a été mariée à 13 ans, aussitôt après la puberté, et enceinte à 14 ans. Toutes ses amies et parentes lui ont dit que le destin d’une femme était de souffrir durant l’accouchement ; aussi a-t-elle essayé de se montrer brave tout au long des cinq jours de son pénible accouchement.
    Avec son garçon mort-né, Miriam s’est sentie honteuse d’avoir déçu son mari et sa famille, mais elle était soulagée d’avoir enfin cessé de souffrir. Malheureusement, Miriam était maintenant atteinte d’une fistule et n’avait plus de contrôle sur sa vessie. Elle se croyait l’objet d’une malédiction et reposait dans son lit les jambes étroitement ramenées contre son corps pour arrêter l’écoulement de l’urine.
    Après six semaines, comme elle était toujours humide, son mari l’a ramenée à sa famille. Il ne voulait pas d’une femme « abîmée ». Heureusement, la famille de Miriam ne lui a pas ménagé son soutien, mais il lui fut difficile, dans l’état où elle se trouvait, de contribuer aux tâches d’une agriculture de subsistance. Si elle essayait de tirer de l’eau au puits, les autres femmes la tenaient à l’écart parce qu’elles la jugeaient « impure ». Personne ne savait qu’il existait un remède. Miriam a vécu avec la fistule pendant deux ans avant que son père entendît parler d’un médecin capable de « guérir les femmes qui fuyaient ».
    Après de lourds sacrifices, sa famille a économisé suffisamment pour la conduire au dispensaire, où Miriam fut opérée et guérie. Sa famille a alors convaincu son mari de la reprendre et elle est devenue enceinte un an plus tard. Le médecin avait dit que Miriam aurait besoin d’une césarienne pour la prochaine naissance, de sorte qu’elle est retournée à l’hôpital et y a accouché d’une fille en bonne santé. Cette fois, la naissance fut célébrée dans la joie."


    Une issue aussi heureuse reste malheureusement exceptionnelle car la plupart de ces femmes ne peuvent consulter un médecin qu'avec l'accord du mari ou d'un "mâle" de la famille, qui eux pensent souvent qu'un accouchement prolongé est une punition pour une infidélité passée ou une malédiction. Il faudra encore du temps pour que ces femmes (filles) n'aient pas comme seule fonction de porter des enfants.         Haut de page

Fistule abdominale   Fistule digestive   Fistule œsotrachéale  
Chirurgie générale  -  [Angl. : Abdominal fistula, Digestive fistula, Esotracheal fistula]   N. f.  * fistule : du latin fistula, conduit, canal artificiel ou d’origine pathologique ou congénitale qui fait communiquer un organe avec l’extérieur ou avec un autre organe ; * abdominale : du latin abdomen, abdominis [abdomin(o)-], bas-ventre, partie du tronc située sous le diaphragme. 
    Comme pour les autres fistules, c'est une communication anormale qui fait communiquer un organe abdominal avec le milieu extérieur, à travers la paroi abdominale. Il existe un nombre important de fistules digestives, ce nombre élevé étant dû essentiellement à l'importance de l'appareil digestif et au nombre des organes digestifs. La fissure œsotrachéale fait communiquer l'œsophage avec la trachée.     Haut de page

Fistule alvéolaire   Fistule dentaire   
Odontostomatologie, chirurgie dentaire  -  [Angl. : Alveolar fistula, Dental fistula]   N. f.  * fistule : du latin fistula, conduit, canal artificiel ou d’origine pathologique ou congénitale qui fait communiquer un organe avec l’extérieur ou avec un autre organe ; * dentaire : du latin dens, dentis [dent(o)-, dentin(o)-, -dental], dent et, par analogie, ce qui a la forme d’une dent. 
    Elle résulte généralement de l'évolution d'un abcès dentaire apical (c'est-à-dire à la pointe d'une racine) qui perfore progressivement les tissus environnants, y compris l'os alvéolaire (donc le maxillaire), pour aboutir, selon la direction prise au départ, vers le sinus maxillaire, la cavité buccale, le palais ou même la peau.         Haut de page

Fistule artérioveineuse   
Angiologie, néphrologie  -  [Angl. : Arteriovenous fistula]   N. f.  * fistule : du latin fistula, conduit, canal artificiel ou d’origine pathologique ou congénitale qui fait communiquer un organe avec l’extérieur ou avec un autre organe ; * artério : du latin arteria et du grec artêria [artéri(o)-, -artériel], relatif à une artère, vaisseau qui porte le sang du cœur vers les différents organes ; * veineuse : du latin vena [vein(o)-, -veineux], relatif aux veines, vaisseaux qui ramènent le sang vers le cœur. 
    Une fistule artérioveineuse est une communication pathologique entre une artère et une veine. Quelquefois d'origine traumatique (ou posttraumatique), ces fistules sont le plus souvent congénitales, parfois résultant d'un traumatisme.
    Ce type de fistule peut aussi être le résultat d'un acte chirurgical. C'est un abouchement volontairement provoqué, notamment chez les personnes dialysées.
  Schéma d'une fistule artérioveineuse        Haut de page

Fistule biliaire   Fistule biliodigestive   Fistule biliaire externe   Fistule biliaire interne  
Hépatologie, chirurgie digestive, imagerie médicale  -  [Angl. : Biliary fistula, Biliodigestive fistula, External biliary fistula, Internal biliary fistula]   N. f.  * fistule : du latin fistula, conduit, canal artificiel ou d’origine pathologique ou congénitale qui fait communiquer un organe avec l’extérieur ou avec un autre organe ; * biliaire : du latin bilis [bile, -bilie, -biliaire, -biline], liquide jaunâtre sécrété par le foie ; relatif à la bile. 
    Il existe plusieurs types de fistules biliaires ou fistules biliodigestives, faisant communiquer un segment de l'évacuation de la bile soit avec la peau donc le milieu extérieur (= fistule biliaire externe), soit avec un autre conduit ou vaisseau ou organe creux (= fistule biliaire interne), notamment le duodénum, l'intestin grêle, plus rarement le côlon.         Haut de page

Fistule aérienne   Fistule respiratoire   Fistule trachéobronchoœsophagienne   Fistule pancréaticopleurale   Fistule bronchique   Fistule œsophagocutanée  
Pneumologie, chirurgie respiratoire  -  [Angl. : Fistula of the respiratory tract, id, Tracheobronchoesophageal fistula, Pancreaticopleural fistula, Bronchial fistula, Esophagocutaneous fistula]   N. f.  * fistule : du latin fistula, conduit, canal artificiel ou d’origine pathologique ou congénitale qui fait communiquer un organe avec l’extérieur ou avec un autre organe ; * aérienne : du grec aêr [aér(o)-], air. 
    Une fistule aérienne  ou fistule respiratoire est une communication pathologique ou provoquée entre les VAS (voies aériennes supérieures) - larynx ou trachée - et la surface de la peau. Parmi les plus fréquentes,
- la fistule trachéobronchoœsophagienne (anc. orth. trachéo-broncho-œsophagienne) qui se développe dans les cancers de l'œsophage et
- la fistule pancréaticopleurale qui résulte d'une pancréatite aigüe.
- Autres fistules respiratoires : la fistule bronchique, la fistule œsophagocutanée dans laquelle l'œsophage communique avec la peau (donc l'extérieur).         Haut de page

Fistule urinaire
Urologie, gynécologie obstétrique, chirurgie  -  [Angl. : Fistula of the urinary tract]   N. f.   * fistule : du latin fistula, conduit, canal artificiel ou d’origine pathologique ou congénitale qui fait communiquer un organe avec l’extérieur ou avec un autre organe ; * urinaire : du grec oûron [uro-, urée, -urie, -urèse, -urétique], urine. 
    Qu'elles soient congénitales ou acquises, les fistules urinaires restent des pathologies fréquentes. Elles affectent l'uretère et/ou la vessie et résultent généralement de la présence d'une tumeur ou des suites d'un traumatisme (voir en particulier les fistules obstétricales.         Haut de page