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Dernière modification : 18-07-2018

Sol, solu-       De l’anglais sol, signifiant solution, dispersion d’un liquide et/ou d’un solide dans un gaz, ou d’un solide dans un liquide.
Solution       
Du latin solutio, de solvere [solution, soluble, soluté], opération par laquelle un corps se dissout dans un liquide.


Sol - Solubilisation - Solubiliser - Solubilité - Soluble - Solucamphre - Soluté - Soluté de chlorure de sodium - Soluté de Ringer-lactate - Soluté glucosé - Soluté isotonique - Soluté hypertonique - Soluté hypotonique - Soluté nutritif - Solution - Solution camphrée - Solution hydroalcoolique - Solution pharmaceutique - Solvant -

Sol
Médecine biologique  -  [Angl. : Sol]   N. m.  *
sol : du latin solutio, de solvere [solution, soluble, soluté], opération par laquelle un corps se dissout dans un liquide
    Un sol est une solution colloïdale,
mélange d'eau et d'une substance colloïdale
(* collo : du latin vulgaire colla ou du grec kolla [coll(o)-, colloïd(o)-], colle, gomme ; * oïde : du grec eidos, [-oïde, -oïdal], qui a l’apparence. Ce mot a été emprunté (1845)  à l'anglais colloïd et est attribué au chimiste anglais T. Graham. Il est utilisé en médecine depuis 1847) qui désigne généralement une substance insoluble dans un certain milieu (eau, alcool ...) et qui s'y trouve donc dispersée en particules très fines.

    Ce mélange est une suspension colloïdale et, si les particules sont suffisamment fines, elle traverse les filtres habituels. Sous l'action de la chaleur ou d'électrolytes, de nombreuses suspensions ou sols se transforment en un gel, réaction souvent réversible : sol <------> gel
    Les molécules constituant la partie non soluble se regroupent en amas moléculaires : les micelles. Si ces micelles sont hydrophiles
(du grec philos [phil(o)-, -phile, -philie], ami, qui aime) elles forment un gel  qui est généralement stable, sauf sous l'action de la chaleur et de la surpression qui le retransforment en sol. La transformation d'une solution colloïdale en un gel est la gélification.          Haut de page

Solucamphre   Solution camphrée
Pharmacologie  -  [Angl. : Camphor solution, Camphorated solution]   N. m.   * solu- : du latin solutio, de solvere [solution, soluble, soluté], opération par laquelle un corps se dissout dans un liquide ; * camphre : du latin médiéval camphora, altération de l’arabe kãfür, substance cristallisée extraite du camphrier, laurier d’Asie orientale et d’Océanie
    Extrait de Camphora officinarum le laurier camphrier, le camphre est peu soluble dans l'eau (1 p. 840), mais très soluble dans l'alcool, l'éther et les huiles. Aujourd'hui largement synthétisé, le camphre a été très utilisé pour ses propriétés de puissant stimulant respiratoire et cardiaque, de léger analgésique cutané, mais à forte dose, il agit sur le système nerveux central et peut même provoquer un coma.
    Son utilisation en solution huileuse est de plus en plus rare, mais on trouve encore du camphre dans certaines pommades.
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Solution   Soluté   Solvant   Solubilisation   Solubiliser   Solubilité   Soluble   Solution pharmaceutique
Médecine biologique, pharmacologie  -  [Angl. : Solution, Solute, Solvent, Solubilization, Solubilize (to), Solubility, Soluble, Pharmaceutic solution]   N. f.  * solution : du latin solutio, de solvere [solution, soluble, soluté], opération par laquelle un corps se dissout dans un liquide
    En règle générale, une solution est un mélange liquide et homogène, formée par la substance dissoute qui est le soluté (solide ou gaz) et le solvant
(du latin solvere [solvant], dissoudre, caractérise une substance qui a le pouvoir de dissoudre certains corps), liquide qui représente l'essentiel du mélange. Un produit solide, liquide ou gazeux est qualifié de soluble lorsqu'il est capable de se dissoudre au moins partiellement dans un solvant et cette propriété est la solubilité. Le verbe solubiliser signifie rendre soluble.

    Dans les préparations pharmaceutiques, une solution peut être absorbée par voie orale (per os), injectée en sous-cutanée, intramusculaire ou intraveineuse ; elle peut également être utilisée en lotion (du bas latin lotio, de lotus, participe de lavere, action de laver une partie du corps avec un liquide) cutanée, en bain de bouche, en collyre (du grec kollurion, onguent ; médicament liquide qui s’applique sur le conjonctive de l’œil) etc.
    Ces solutions sont souvent conditionnées en ampoules en verre, chacune représentant une dose unité. Seul inconvénient de ces ampoules : le fait d'être obligé de casser les deux extrémités en verre n'est pas un geste anodin.       Haut de page

Solution hydroalcoolique
Infectiologie, épidémiologie  -  [Angl. : Hydroalcoholic solution]   N. f.  * solution : du latin solutio, de solvere [solution, soluble, soluté], opération par laquelle un corps se dissout dans un liquide ; * hydro : du grec hudôr [hydr(o)-, -hydrique, -hydrie], eau ou hydrogène ; * alcool : du latin des alchimistes alkol, alkohol,  de  l’arabe al-kuhl
    Avec le pharmacien William GRIFFIT, le docteur Didier PITTET (*) est le co-inventeur de la solution hydroalcoolique ou SHA, dont il a généralisé l'usage pour lutter contre les maladies nosocomiales. À noter qu'il a laissé dans le domaine public (OMS) cette recette qui aurait pu le rendre très riche.
    La SHA est mille fois plus efficace qu'un savon antiseptique et son usage est beaucoup plus rapide car ne nécessite pas de rinçage. Aujourd'hui (2015), on estime à 8 millions le nombre de décès évités chaque année dans le monde par la SHA.

(*) Docteur Didier PITTET :
    - Né le 20 mars 1957 à Genève, SUISSE. 
    - Médecin infectiologue et épidémiologiste.
    - Fait ses études au Collège Calvin puis à l'Université de Genève.
    - Il obtient son master d'épidémiologie à l'Université d'Iowa (Etats-Unis).
    - Devient chef du service "Prévention et contrôle de l'infection" aux Hôpitaux Universitaires de Genève.
    - En 2000, les résultats d'une étude menée par Didier Pittet (chute de 7 à 8% des infections nosocomiales) sont publiés dans "The Lancet".
    - À partir de 2002, les pays qui utilisent la SHA sont de plus en plus nombreux et, en 2005, l'OMS demande au Dr. PITTET d'universaliser sa stratégie. Avec des experts du monde entier, il met au point la recette idéale.
    - En 2007, il est fait Commandeur de l'Ordre de l'Empire Britannique et a depuis été distingué dans de nombreuses universités du monde.    Dr. Didier PITTET            Haut de page

Soluté isotonique   Soluté hypertonique   Soluté hypotonique  
Pharmacologie, médecine hospitalière  -  [Angl. : Isotonic solution, Hypertonic solution, Hypotonic solution]   N. m.  * soluté : du latin solutio, de solvere [solution, soluble, soluté], opération par laquelle un corps se dissout dans un liquide ; * iso : du grec isos [iso], égal ; * tonique : du grec tonos [ton(o)-, tonie, tonine], tension
    Pour comprendre comment on prépare les solutions utilisées en perfusion, il faut connaître les lois de l'osmose.
(* osmose : du grec ôsmos [osm(o)-, osmose, osmotique], poussée, impulsion).  L'osmose est le mouvement de l'eau (ou d'un autre solvant) vers une région de plus faible potentiel aqueux, où la concentration des molécules dissoutes ou des ions est plus élevée. Le milieu de plus forte concentration est hypertonique (*) par rapport au milieu de plus faible concentration qui lui est hypotonique. Ce principe de l'osmose doit être respecté dans de nombreux cas : perfusions, concentrations des engrais pour les végétaux ...
    Dans cet exemple, on parle d'osmonocivité, car l'injection intraveineuse d'un soluté de concentration différente de celle du sérum sanguin provoque une pathologie (l'hémolyse).

(*) Hypertonique : * hyper : du grec huper [hyper-], au-dessus (anatomie) ou supérieur à la normale, en intensité ou en quantité ; * tonie : du grec tonos [ton(o)-, tonie, tonine], tension.  
    Cet adjectif qualifie une solution qui exerce une pression osmotique supérieure à celle d'une autre solution. Lorsqu'on met une solution hypertonique en contact avec une solution qui lui est hypotonique par l'intermédiaire d'une membrane biologique (semi-perméable), le fait qu'elle ait une concentration totale plus élevée en substance dissoutes attire par osmose, l'eau de l'autre solution. La solution hypertonique se dilue progressivement, alors que la solution hypotonique perd de l'eau et se concentre.
    Le phénomène s'arrête lorsque les deux solutions sont isotoniques. Ce phénomène est très important dans les transfusions par voie intraveineuse : les solutés doivent être isotoniques du plasma. En d'autres termes : la pression osmotique fait passer l'eau du milieu le moins concentré (dont la concentration va de ce fait augmenter) vers le milieu de plus concentré (l'arrivée d'eau fait diminuer sa concentration) jusqu'à ce que les deux milieux soient isotoniques (pressions osmotiques égales).

    Dans la grande majorité des cas, les solutés utilisés pour les perfusions seront donc isotoniques du plasma, pour éviter tout accident d'hémolyse. Il peut arriver dans certains cas que les médecins perfusent un soluté hypertonique et, dans ce cas, cette perfusion se fera très lentement et sous une surveillance continue.  
Principe de l'osmose       Exemple des globules rouges ou hématies        Haut de page

Soluté glucosé   Soluté de chlorure de sodium   Soluté de Ringer-lactate    Soluté nutritif
Pharmacologie, médecine hospitalière  -  [Angl. : Glucosed solution, Physiological saline solution, physiological salt solution, physiological sodium chloride solution, Ringer's lactate solution, Nutritive solution]   N. m.  * soluté : du latin solutio, de solvere [solution, soluble, soluté], opération par laquelle un corps se dissout dans un liquide
    Voici quelques exemples de solutés parmi les plus utilisés pour les perfusions.

* Soluté glucosé : il contient généralement 5% de glucose (50 grammes par litre d'eau), mais peut, si nécessaire, être plus ou moins concentré. * gluco :
du grec glukus [gluc(o)-  ou  glyc(o)-], de saveur sucrée ; le plus souvent : relatif au glucose ; * ose : du suffixe -ose [-ose, -oside, -osidique] qui, en chimie organique, désigne la présence d’un sucre (glucide). 
    Glucide simple (donc c'est un ose) dont la formule est C6H12O6. Il est présent dans toutes les cellules vivantes car c'est le nutriment le plus important du catabolisme. Dans le tube digestif, tous les féculents, la cellulose, le glycogène sont hydrolysés en glucose. Dans notre sang, sa concentration (la glycémie) est régulée par des hormones pancréatiques et surrénaliennes entre 0,80 et 1,20g/L de sang, soit 4,4 à 6,6 mmol/L. Le glucose a un poids moléculaire de 180 (6 x 12 + 12 x 1 + 6 x 16). En dessous de 0,8 g/L, c'est l'hypoglycémie, au-dessus de 1,26g/L, le sujet présente une hyperglycémie. Adj. : glucosé : qui contient du glucose.

* Soluté de chlorure de sodium : le soluté isotonique est à 0,9%, soit 9 grammes de NaCl (chlorure de sodium) par litre d'eau. À cette concentration, cette solution est dite "physiologique". Le sodium a pour synonyme natrium :
* natrium, natron : de natron, natrium, ancien nom du sodium. 
    Le sodium (Na), numéro atomique 11. Masse atomique par rapport au C12 : 22,9898. Point d'ébullition 892,0° C. Point de fusion 97.8° C. Masse volumique (conditions normales) 0.97 g/ml. Structure électronique [Ne]-3s1. Etat d'oxydation 1. 
    Le sodium est un métal mou et léger qui réagit violemment avec l'eau et est conservé dans du pétrole. Le nom "sodium" vient du mot ''sodanum'', un remède médiéval contre les maux de tête. Le symbole Na vient des deux premières lettres du mot ''natrium'' qui était utilisé au 15e siècle en Europe pour désigner les métaux alcalins. Il a été découvert en 1807 par H. Davy. Associé au chlore (NaCl), c'est le sel de table.

* Soluté de Ringer-lactate : il est très utilisé du fait de sa composition en ions et éléments dissous qui est très proche de celle du plasma sanguin.

* Soluté nutritif : il en existe une grande variété, qui mélangent glucides (glucose), lipides et protides (acides aminés) dans des proportions très variables en fonction des besoins du malade.  Schéma de la molécule de glucose     L'atome de sodium       Haut de page