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Dernière modification : 18-07-2018

Suc     Du latin sucus, succus, sève. En biologie, le mot "suc" désigne un liquide organique produit par sécrétion et contenant des enzymes.


Suc biliaire - Suc duodénal - Suc entérique - Suc gastrique - Suc intestinal - Suc pancréatique

Suc duodénal
Gastroentérologie, médecine biologique, endocrinologie et métabolismes  -  [Angl. : Duodenal juice]   N. m. 
* suc : du latin sucus, succus, sève, en biologie : liquide organique produit par sécrétion et contenant des enzymes ; * duodénal : du latin duodenum digitorum [duodén(o)-, duodénal], signifiant douze doigts de long et relatif au duodénum, première portion de l’intestin grêle, ainsi nommée car sa longueur avait été évaluée à douze travers de doigts. 
    Le suc duodénal contient essentiellement une entérokinase (enzyme) et des hormones. L'entérokinase transforme le trypsinogène en trypsine et active d'autres enzymes : saccharases, maltases, lactases et peptidases. Parmi les hormones duodénales : la sécrétine qui neutralise l'acidité du chyme sortant de l'estomac, de façon que le suc pancréatique puisse agir, et contrôle la sécrétion des bicarbonates par le pancréas.
    Autres hormones : la CKK (cholécystokinine) ou CKK-PZ (cholécystokinine-pancréozymine) qui est responsable des contractions de la vésicule biliaire et de l'arrivée de la bile, via le canal cholédoque, dans le duodénum, ainsi que du contrôle de la sécrétion des enzymes ; l'hépatocrinine qui stimule les sécrétions hépatiques.
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Suc biliaire
Gastroentérologie, médecine biologique, endocrinologie et métabolismes  -  [Angl. : Biliary juice]   N. m. 
* suc : du latin sucus, succus, sève, en biologie : liquide organique produit par sécrétion et contenant des enzymes ; * biliaire : du latin bilis [bile, -bilie, -biliaire, -biline], liquide jaunâtre sécrété par le foie ; relatif à la bile. 
    La bile (ou suc biliaire) est sécrétée par les cellules du foie et contribue de façon déterminante à la digestion des graisses. De couleur jaune verdâtre et de saveur amère, elle contient 97,5% d'eau, des électrolytes (substances en solution dans l'eau sous forme d'ions), 0,60 g de cholestérol libre non estérifié par litre, un pigment, 0,050 g de bilirubine par litre (*) qui résulte de la décomposition de l'hémoglobine, ainsi que des sels biliaires (3 à 4 g/L) qui émulsifient les graisses en les réduisant en particules microscopiques et permettent ainsi leur digestion dans l'intestin.
    Un adulte sécrète en moyenne 0,5 à 1 litre de bile par jour, de façon continue. Elle est stockée dans la vésicule et le canal cholédoque et est libérée dans le duodénum au passage des lipides. La bile est extrêmement riche en corps dissous instables qui peuvent, sous l'influence de différents facteurs, former des cristaux et des calculs (c'est la lithiase biliaire) dans la vésicule et les voies biliaires.

(*)
La bilirubine est un produit de la dégradation des hématies ou globules rouges et qui est dans un premier temps insoluble dans l'eau, c'est-à-dire que les reins ne peuvent pas l'éliminer dans les urines. Cette bilirubine est appelée libre ou non conjuguée. On trouve dans le commerce des bandelettes réactives qui permettent de différencier les valeurs normales (3 à 8 mg/L de sérum) des valeurs pathologiques (au-delà de 20 mg/L) par simple trempage dans le sérum du malade.
    Elle est prise en charge par l'albumine et transportée dans le foie où elle sera glycuroconjuguée par une enzyme, la glycuronyl-transférase. Elle est maintenant soluble dans l'eau et peut être éliminée avec l'urine. C'est la bilirubine conjuguée. Ces deux types de bilirubine vont déterminer deux grands types d'ictères : à bilirubine conjuguée ou à bilirubine libre, avec pour chacun des causes bien spécifiques.

- Dans les ictères à bilirubine libre ou non conjuguée, les causes sont celles qui augmentent les produits de dégradation des globules rouges : maladies hémolytiques qui détruisent un nombre trop important de ces globules rouges et provoquent l'ictère hémolytique, déficit dans les cellules hépatiques des enzymes (notamment la glycuronyl-transférase) nécessaires à la transformation de la bilirubine libre en bilirubine conjuguée ou tout autre facteur susceptible d'augmenter la bilirubine libre dans le sang. Dans ces formes d'ictères, les urines restent claires et cette particularité peut être un facteur de diagnostic.

- Dans les ictères à bilirubine conjuguée, les causes sont à rechercher dans les pathologies du foie ou des voies biliaires (ictères par hépatite) : hépatites à virus, à bactéries, tumeurs du foie ou des voies biliaires, cirrhoses, fièvre jaune, entre autres. L'une des caractéristiques de ces ictères à bilirubine conjuguée est qu'ils génèrent souvent des urines très colorées, voire foncées.
 Dégradation des hématies - origine de la bilirubine           Haut de page

Suc intestinal   Suc entérique
Gastroentérologie, médecine biologique, endocrinologie et métabolismes  -  [Angl. : Intestinal juice, Enteric juice]   N. m.  * suc : du latin sucus, succus, sève, en biologie : liquide organique produit par sécrétion et contenant des enzymes ; * intestinal : du latin intestina de intestinus [intestin(o)-, -intestinal], intérieur, relatif à l’intestin, du pylore à l’anus ; * entérique : du grec enteron [entér(o)-, -entéral, -entère, -entérique], intestin. 
    Le suc intestinal (on trouve encore parfois l'appellation suc entérique) est un liquide clair et jaunâtre, alcalin et sécrété par les glandes de Lieberkühn.
Le suc intestinal comprend de l'eau et des éléments minéraux qui assurent un pH neutre ou basique, des enzymes et de la mucine.
    Les entérocytes (cellules "en brosse" des microvillosités) sécrètent des enzymes qui assurent les étapes finales de la digestion et sont le siège de l'absorption des nutriments, de l'eau, des sels minéraux et des vitamines. L'absorption des nutriments débute dans le duodénum, mais est particulièrement importante dans le jéjuno-iléon.         Haut de page

Suc gastrique
Gastroentérologie, médecine biologique, endocrinologie et métabolismes  -  [Angl. : Gastric juice]   N. m.  * suc : du latin sucus, succus, sève, en biologie : liquide organique produit par sécrétion et contenant des enzymes ; * gastrique : du grec gastêr [gastéro-, gastro-, gastre, gastrie], ventre, estomac. 
    L'estomac se divise en 2 régions principales :
* Le fundus avec les grandes fundiques, qui occupe environ 85% de la surface de la muqueuse gastrique et qui comprend essentiellement trois types de cellules :
    - les cellules pariétales qui sécrètent l'acide chlorhydrique et le facteur intrinsèque,
    - les cellules principales ou à pepsine qui sécrètent la pepsine, et
    - les cellules à mucus (ce mucus mettant la paroi gastrique à l'abri contre l'acidité et l'action des enzymes). 
* L'antre qui est la zone des glandes pyloriques (le pylore est la communication entre l'estomac et le duodénum), environ 15% de la surface de la muqueuse gastrique, avec deux types de cellules :
    - des cellules à mucus qui sécrètent aussi des pepsinogènes (groupe II) et
    - les cellules "G", principal type cellulaire endocrine de l'estomac, qui produisent la gastrine.

    La gastrine est l'hormone qui est responsable de la stimulation de la sécrétion gastrique (l'autre mécanisme est nerveux : c'est une branche du nerf vague ou pneumogastrique ou X - 10e paire de nerfs crâniens). Lorsque l'on fait une exploration biologique de l'estomac, les 2 produits le plus souvent dosés sont le suc gastrique et la gastrine.

- La gastrine est un polypeptide de poids moléculaire 1500, contenant une quinzaine d'acides aminés. Sa sécrétion est provoquée par l'arrivée des aliments au contact de la paroi antrale et interrompue par l'augmentation de l'acidité gastrique. Son dosage se fait généralement par radio-immunologie sur un prélèvement de 5mL de sang chez le sujet à jeun.
    La valeur considérée comme normale est de moins de 100 ng/L (nanogrammes par litre de sérum), mais cette valeur peut varier notablement d'un laboratoire à l'autre. En ce qui concerne les variations pathologiques, on observe une nette diminution après une vagotomie et une augmentation dans l'anémie pernicieuse, le syndrome de Zollinger-Ellison où l'on trouve un adénome des îlots de Langerhans qui produit de grosses quantités de gastrine ; lors d'un ulcère duodénal, d'une gastrite atrophique, d'une insuffisance rénale chronique, entre autres.

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Le suc gastrique est normalement incolore ou très légèrement teinté de jaune et faiblement odorant. Il est secrété à raison de 1 à 1,5 litres par 24 heures. L'examen cytologique ne montre que quelques leucocytes, hématies et cellules, sans débris alimentaires si le sujet est à jeun depuis au moins 12 heures.
    Quant aux bactéries, il n'y en a aucune qui résiste à la forte acidité du suc gastrique qui est donc pratiquement stérile. Seuls les bacilles de Koch (tuberculose) peuvent résister au milieu gastrique quand un malade avale ses expectorations. Le liquide gastrique est un mélange d'une sécrétion acide produite par les puits gastriques du fundus  (partie haute de l'estomac), riche en HCl (acide chlorhydrique) et d'une sécrétion alcaline, produite par la région antropylorique (région de l'antre proche du pylore - partie basse de l'estomac), qui contient de la mucine et du bicarbonate de sodium.
    Les deux fractions acide et alcaline ne se neutralisant pas, il en résulte, pour le liquide gastrique prélevé à jeun, un pH voisin de 3,8. Dans certaines pathologies comme les ulcères gastroduodénaux, l'anémie de Biermer entre autres, il est intéressant de doser l'acidité libre (0,5 à 0,6 g d'HCl par litre et l'acidité totale (environ 1g HCl/L). Ces calculs permettent ensuite d'évaluer le débit d'ions H+ en fonction de l'acidité libre et du temps de recueil.

(*) Mucine :
* muco : du latin mucus, mucosus [muc(o)-, -muqueux, -mucine],  humeur visqueuse contenant des protides, sécrétée par des tissus de revêtement, destinée à retenir poussières et microbes ; * ine : du suffixe -in, -inal(e),  -ine, servant à transformer un mot ou un adjectif en un autre mot ou substantif. 
    La mucine est le principal constituant du mucus et lui confère ses propriétés de viscosité et d'élasticité. C'est une glycoprotéine qui assure une fonction structurale de protection dans les voies aériennes et digestives. Des chercheurs ont montré que la mucine est capable de se lier par adhésion à certains virus et bactéries, diminuant ainsi leur pouvoir de pénétration dans les cellules (virus) et facilitant leur attaque par le système immunitaire (bactéries).
    On trouve de la mucine dans la salive, toutes les sécrétions muqueuses, la bile, la synovie, mais aussi dans certaines tumeurs et liquides pathologiques.
 
  Les régions de l'estomac      Haut de page

Suc pancréatique
Gastroentérologie, médecine biologique, endocrinologie et métabolismes  -  [Angl. : Pancreatic juice]   N. m.  * suc : du latin sucus, succus, sève, en biologie : liquide organique produit par sécrétion et contenant des enzymes ; * pancréatique : du grec pankreas (utilisé en 1562 par Ambroise Paré) formé de pan-, tout, et de kreas : chair, relatif au pancréas, dont A. Paré disait "qu'il a partout similitude de chair". 
    Le pancréas est un organe d'environ 15 cm de long, placé derrière l'estomac et devant les deux premières vertèbres lombaires.  Formé classiquement de 3 parties, la tête vers la droite, le corps et la queue vers la gauche, il sécrète un suc digestif : le suc pancréatique (pancréas exocrine), éliminé par le canal de Wirsung et le canal accessoire de Santorini qui se déversent dans le duodénum, première anse de l'intestin grêle, juste à la sortie de l'estomac.
    De nombreuses enzymes digestives sont présentes dans le suc pancréatique : protéases, lipases et amylases. Outre son rôle exocrine, le pancréas a également une importante fonction endocrine : les îlots de Langerhans sécrètent deux hormones fondamentales : l'insuline hypoglycémiante et le glucagon hyperglycémiant.
    Le suc pancréatique est un liquide légèrement visqueux, presque incolore, jaune pâle et dont le pH alcalin varie entre 7,5 et 9. Il est secrété à raison de 1,5 litre par jour et contient essentiellement des substances minérales et des enzymes.

* Substances minérales : Na (sodium) et K (potassium) dont les concentrations sont stables ; bicarbonates dont la concentration varie en fonction du débit et est contrôlée par la sécrétine, produite par la muqueuse duodénale au moment où le chyme acide arrive de l'estomac. C'est cette sécrétion bicarbonatée qui va neutraliser l'acidité gastrique et permettre l'action des enzymes digestives.

* Enzymes : Leur sécrétion est sous le contrôle de la CCK-PZ ou cholécystokinine-pancréozymine, hormone peptidique de 33 acides aminés, qui est élaborée par la muqueuse duodénale au passage des aliments, notamment les graisses insaturées.
    Cette hormone active la sécrétion des enzymes pancréatiques : trypsine, chymotrypsine pour les protides, amylase et un peu de maltase pour les glucides, lipase, phospholipases lécithinase et cholestérosestérase pour les lipides ... Elle est aussi responsable de la contraction de la vésicule biliaire en début de digestion.
 Relations foie - pancréas - duodénum       Haut de page