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Dernière modification : 17-09-2020

Stéat(o)-, stéar(o)-     Du grec stear, steatos [stéar(o)-, stéat(o)-], graisse. Les racines "stéat(o)-" et "stéar(o)-" forment en médecine, en biochimie et en physiologie, des composés qui ont un rapport avec les graisses organiques.


Stéarate - Stéarine - Stéarinerie - Stéarique - Stéatocèle - Stéatocystome - Stéatolyse - Stéatome - Stéatomérie - Stéatome télangiectasique - Stéatonécrose - Stéatopyge - Stéatopygie - Stéatorrhée - Stéatorrhée idiopathique - Stéatose - Stéatose hépatique non alcoolique - Stéatosique - Stéatotrochantérie -

Stéarine   Stéarinerie   Stéarique   Stéarate
Médecine biologique, biochimie  -  [Angl. : Stearin, Stearinery, Stearic, Stearate]   N. f.  * stéaro : du grec stear, steatos [stéar(o)-, stéat(o)-], graisse ; * ine : du suffixe -in, -inal(e),  -ine, -inine, servant à transformer un mot ou un adjectif en un autre mot ou substantif. 
    La stéarine est un dérivé pulvérulent de l'acide stéarique, qui a son point de fusion à 55°C. C'est le triglycéride de l'acide stéarique, c'est-à-dire que 3 molécules d'acide stéarique se combinent au glycérol pour former un triglycéride : c'est la stéarine. Produite industriellement, elle est très utilisée dans la fabrication des savons (réactions de saponification) et des cires.
    L'acide stéarique est un acide gras saturé (qui ne contient pas de doubles liaisons) à 18 atomes de carbone, de formule C18H36O2 et dont le point de fusion se situe à 69,2°C. Découvert par Chevreul, il est présent dans pratiquement toutes les graisses animales et végétales.
    Au début du XIXe siècle, il était préparé dans des usines spéciales : les stéarineries, dont la première a fonctionné à Nancy. Dans des autoclaves, on y dissociait les graisses et huiles animales et végétales en acides gras et glycérol. Les stéarates sont les sels de l'acide stéarique.     Haut de page

Stéatonécrose
Dermatologie, gynécologie obstétrique, médecine biologique  -  [Angl. : Steatonecrosis]   N. f.  * stéato : du grec stear, steatos [stéar(o)-, stéat(o)-], graisse ; * nécrose : du grec nekros [nécr(o)-, nécrose], mort, cadavre. 
    La stéatonécrose est la destruction de la graisse, ou plus exactement du tissu adipeux et des adipocytes qu'il contient. Les graisses sont saponifiées et les produits ainsi libérés provoquent une intervention massive des macrocytes qui détruisent les adipocytes. L'une des principales causes de cette affection est la pancréatite aigüe hémorragique (*).
    La stéatonécrose se rencontre aussi dans les tissus adipeux du sein.
    Syn. : cytostéatonécrose. Il existe une forme de stéatonécrose qui affecte les graisses des tissus sous-cutanés du nouveau-né. Les facteurs responsables seraient le froid, l'hypoxie et les éventuels traumatismes obstétricaux. Dans tous les cas, la guérison est spontanée au bout de quelques semaines. 

(*) La pancréatite aigüe est une inflammation soudaine et grave du pancréas, se traduisant par une douleur abdominale intense, parfois après un repas copieux et arrosé, irradiant souvent vers le dos, des nausées et vomissements, voire un état de choc avec chute de la TA (tension artérielle), accélération du pouls, peau moite.
    Les facteurs qui peuvent déclencher une crise de pancréatite aigüe sont l'alcoolisme, des calculs biliaires, un ulcère duodénal, entre autres. Les douleurs sont dues à une libération excessive d'enzymes digestives dans le pancréas lui-même. Les moyens d'investigation sont les mêmes que pour la pancréatite chronique.
    Selon la gravité de l'affection, le médecin place une sonde gastro-intestinale par le nez ou la bouche, pour aspirer le liquide digestif, une perfusion pour l'hydratation du malade, prescrit les antalgiques nécessaires pour réduire la douleur, ainsi que des antibiotiques. En cas de perforation du pancréas, les hémorragies peuvent mettre en jeu le pronostic vital.    Haut de page

Stéatopygie   Stéatopyge
Anthropologie, gynécologie obstétrique, médecine biologique  -  [Angl. : Steatopygia, Steatopygous]   N. f.  * stéato : du grec stear, steatos [stéar(o)-, stéat(o)-], graisse ; * pyge : du grec pugê [pyg(o)-, -pyge, -pygie], fesse. 
    La stéatopygie est un caractère spécifique à certaines populations : Bochimans et Hottentots, et se caractérise par la formation, surtout chez les femmes, d'une masse de graisse pouvant être très importante, dans la région sacrofessière.
    Adj. : stéatopyge : qui présente les caractères de la stéatopygie. La Vénus hottentote est stéatopyge.     Haut de page

Stéatorrhée  Stéatorrhée idiopathique
Gastroentérologie, médecine biologique  -  [Angl. : Steatorrhea, stearrhoea, stearrhea, Idiopathic stearrhea]   N. f. * stéato : du grec stear, steatos [stéar(o)-, stéat(o)-], graisse ; * rrhée : du grec rhein [rrhée, rrhénie, -rroïde], couler. 
      D'une façon générale, la stéatorrhée est la présence d'une quantité anormalement élevée de graisses dans les selles. Cette anomalie peut être mise en évidence "de visu" par un aspect graisseux des selles, mais une confirmation indispensable est faite en dosant ces graisses lors d'un fécalogramme effectué par un laboratoire d'analyses biomédicales.
    Au-delà de 6 grammes de graisses éliminées par les selles en 24 heures, la stéatorrhée est confirmée. Cette affection résulte d'un dysfonctionnement de l'intestin grêle qui entraîne une mauvaise absorption des graisses alimentaires.
    Les causes peuvent être nombreuses : maladies de Crohn, maladie cœliaque - c'est la stéatorrhée idiopathique -  (voir ces définitions sous "maladies de ..."), anomalies au niveau de la sécrétion biliaire du foie, cirrhose, hépatite, sécrétion normale mais obstruction des voies biliaires par un calcul, une sténose, une tumeur, sécrétion insuffisante des lipases (enzymes qui réduisent les graisses en glycérol et acides gras) etc.
    Si l'élimination des graisses est très importante, un amaigrissement peut apparaître progressivement. Le traitement consiste, après avoir déterminé la cause avec certitude, à traiter cette cause, puis à faire un régime pauvre en graisses jusqu'à la guérison complète. Pendant cette période, les graisses pourront être remplacées par des graisses de synthèse, à molécules suffisamment petites pour permettre leur absorption au niveau des microvillosités intestinales.      Haut de page

Stéatome   Stéatome télangiectasique   Stéatomérie   Stéatotrochantérie   Stéatocèle
Dermatologie, chirurgie générale  -  [Angl. : Steatoma, Telangiectatic steatoma, Steatomery, Steatotrochanteria, Steatocele]   N. m.  * stéato : du grec stear, steatos [stéar(o)-, stéat(o)-], graisse ; * ome : du grec -ôma, [-ome, -oma], maladie, corps, tumeur, tuméfaction ; * mérie : du grec meros [mér(o)-, mérisme, -mère], partie, élément ; * trochanto : du grec trokhos [troch(o)-, trochlé(o)-] qui signifie roue et, en anatomie, rond, bombé ; * cèle : du grec kêlê [-cèle], tumeur, hernie.
    Encore appelé lipome ou kyste sébacé, le stéatome est une tumeur généralement bénigne, constituée essentiellement par une prolifération anormale d'adipocytes (cellules adipeuses qui stockent les graisses). Ces stéatomes sont assez fréquents dans la peau et ne seront enlevés chirurgicalement que s'ils deviennent trop importants ou gênants.
    Autre syn. : adipome. Si le stéatome est associé à une développement prolifératif de vaisseaux sanguins, il est qualifié de télangiectasique.
    Lorsque ces stéatomes se localisent au niveau des membres (généralement inférieurs), sur les faces externes des cuisses et des hanches (stéatotrochantérie - les trochanters sont les apophyses de la partie supérieure du fémur), on parle de stéatomérie.     Cette accumulation de graisse, qui commence généralement après la quarantaine peut se produire aussi à d'autres endroits du corps : ventre, cou (double ou triple menton), visage (les poches sous les yeux) etc. On sait aujourd'hui qu'il n'existe pas de traitement efficace contre la stéatomérie, qui résiste aussi aux régimes alimentaires.
    Plusieurs gènes responsables ont été découverts et localisés, essentiellement chez les femmes, ce qui expliquerait qu'elles soient beaucoup plus touchées que les hommes. Enfin, la stéatocèle est une tumeur graisseuse bénigne qui se développe dans le scrotum.     Haut de page

Stéatocystome
Dermatologie, pharmacologie  -  [Angl. : Steatocystoma]   N. m.  * stéato : du grec stear, steatos [stéar(o)-, stéat(o)-], graisse ; * cysto : du grec kustis [-cyste, cyst(o), -cistie], vessie ; * ome, oma : du grec -ôma, [-ome, -oma], maladie, corps, tumeur, tuméfaction ; * ose : du grec -ôsis [-ose], suffixe désignant des maladies non inflammatoires ou/et des états chroniques.  
    Un stéatocystome (syn. sébocystome - du latin sebaceus, de sebum [séb(o)-], suif, relatif à la matière sébacée grasse) est un kyste sébacé. Le sébum est la matière grasse onctueuse qui est sécrétée par les glandes sébacées. Voir les définitions de sébum et glande sébacée.
    La glande évacue sa production par un canal excréteur qui rejoint la tige d'un poil et que l'on appelle pour cette raison canal pilosébacé (* pilo : du latin pilosus [pil(o)-, pileux], poilu ou en rapport avec l’aspect de poils ; du grec pilos, feutre, ensemble de très fins poils), dont une partie traverse tout l'épiderme jusqu'à la surface de la peau. Le kyste sébacé se constitue lorsqu'il y a accumulation de sébum dans le canal excréteur.
    C'est l'accumulation du sébum dans la glande dilatée et le canal excréteur qui constitue le comédon (du latin comedo, -onis [comédon], mangeur, de comedere, manger, cette matière sébacée étant réputée « manger » la peau), communément appelé point noir.
    La sébocystomatose est l'accumulation d'un nombre parfois important de sébocystomes, qui se produit le plus souvent au niveau du thorax, du cou et du front.   Haut de page

Stéatolyse
Endocrinologie et métabolismes  -  [Angl. : Steatolysin]   N. f.  * stéato : du grec stear, steatos [stéar(o)-, stéat(o)-], graisse ; * lyse : du grec lusis [lyso-, -lys, lysi-, -lyse, -lytique], dissolution. 
    La stéatolyse est une lipolyse, donc un stade du métabolisme des graisses, ensemble de réactions énergétiques qui sont utilisées dans la cellule pour régénérer (c'est une phosphorylation) l'ATP ou adénosine triphosphate à partir de l'ADP, adénosine diphosphate. L'ATP est le véritable transporteur d'énergie dans la cellule et sa régénération se fait dans les mitochondries, au niveau de la chaîne respiratoire (et du cycle de Krebs).
    Le terme stéatolyse peut aussi désigner les réactions d'hydrolyse enzymatiques (c'est une véritable dissolution) qui se passent dans l'intestin grêle et qui transforment les graisses en glycérol et en acides gras, permettant ainsi leur absorption, c'est-à-dire leur passage dans le sang.      Haut de page

Stéatose   Stéatosique    Stéatose hépatique non alcoolique
Endocrinologie et métabolismes  -  [Angl. : Steatosis, fatty overloading ; Steatosic ; Non alcoholic Steato-Hepatitis]   N. f. / Adj.  * stéato : du grec stear, steatos [stéar(o)-, stéat(o)-], graisse ; * ose : du grec -ôsis [-ose], suffixe désignant des maladies non inflammatoires ou/et des états chroniques * -ique : du grec eikôs [-ique, -(ic)ien, -ienne], semblable, propre à, ou suffixe servant à transformer des substantifs en adjectifs ou en d'autres substantifs. 
   La stéatose est un état pathologique dans lequel on observe une accumulation de lipides, en particulier les triglycérides, le plus souvent sous forme d'une vacuole. C'est dans des cellules non adipeuses et en particulier dans les hépatocytes que l'on observe cette surcharge lipidique. La cause principale est un apport alimentaire trop riche en graisses ou en alcool, mais la stéatose peut aussi être provoquée par certaines maladies comme la fièvre jaune. La NASH (Non Alcoholic Hepatic-Steatosis) ou stéatose hépatique non alcoolique, ou hépatite stéatosique n. a. n'est pas due, comme son nom l'indique, à l'alcool, mais à une surcharge en glucides. On l'appelle aussi maladie du soda ou maladie du foie gras humain.
  L'adjectif stéatosique caractérise ce qui se rapporte à la stéatose.    Haut de page